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L’histoire
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La prise en compte du particularisme local

L’article premier de notre constitution contient l’un des principes fondateurs de notre République « une et indivisible ». Jacobin d’esprit, ce principe fait par conséquent peu de cas de la diversité régionale et locale. Des études récentes s’efforcent de nuancer cela, mettant en évidence la prise en compte du particularisme local dès la troisième République par les manuels scolaires qui pour le nommer utilisaient le terme de Petites Patries. Les pédagogues voyaient à travers l’enseignement de ce concept, la construction d’une conscience collective fondée sur l’idée d’une France qui prend en compte les diversités régionales pour construire l’unité nationale.

Les géographes de la fin du XIXe siècle ont sur le même principe accordé un grand intérêt sinon rendu hommage au pays. Paul Vidal de la Blache, dans son Tableau de la géographie de la France (1903), conçu comme l’introduction de l’histoire de la France d’Ernest Lavisse, rappelait que le territoire français ne pouvait pas être compris sans prendre en compte les divisions fondamentales de son sol « l’histoire d’un peuple est inséparable de la contrée qu’il habite. Les rapports entre le sol et l’homme sont empreints en France d’un caractère original d’ancienneté, de continuité. De bonne heure les établissements humains paraissent y avoir acquis la fixité ; l’homme s’y est arrêté parce qu’il a trouvé, avec les moyens de subsistance, les matériaux de ses constructions et de ses industries. Pendant de longs siècles il a mené ainsi une vie locale, qui s’est lentement imprégnée des sucs de la terre ». Ce type d’affirmation, faisant de la France un « être géographique » s’inscrit explicitement dans une dans les orientations de Michelet et Duruy. Le premier clôturait en 1833 son Tableau de la France en évoquant la « personnalité » de la France et mentionnait que ces « divers Pays participaient d’une identité commune fort lointaine » . Son disciple Victor Duruy affirmait pour sa part que « malgré l’apparent désordre de la surface de la France, il n’y a pas de pays au monde qui ait une plus réelle unité physique ». Ces analyses rencontrent un grand succès tout au long du XIX siècle, même les républicains les plus convaincus, comme Pierre Foncin, se laissent séduire. Ce dernier déclara « les régions primordiales, ces molécules toujours vivantes, parce qu’elles résultent de la nature des choses, parce qu’elles s’appuient et se moulent sur le corps même du sol, ce sont les Pays » .

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